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En janvier 2015, le groupement Etram s’est vu confier la mission de maitrise d’œuvre générale du projet du tramway de la Ville de Luxembourg.
Au sein de ce groupement, Luxplan S.A. a pour mission la déviation des réseaux enterrés, l’étude des ouvrages d’art et l’aménagement urbain.


Lors de la construction d’une nouvelle ligne de tram, la déviation des réseaux est la première étape incontournable des travaux. Elle consiste à sortir de l’emprise des futurs Tramway, les réseaux enterrés comme par exemple le réseau électrique, la téléphonie, l’eau, le gaz, etc.

En effet, il serait inconcevable que durant plusieurs jours, l’exploitation du tramway soit interrompue en raison d’une fuite ou du renouvèlement d’une conduite située sous les voies.

A première vu, le déplacement des réseaux semble être une opération simple mais le problème est qu’il y en a beaucoup. Il y a quelques décennies encore, les réseaux câblés tels que l’électricité ou la téléphonie étaient aériens et seules quelques conduites telles que l’eau ou l’assainissement étaient souterraines. Aujourd’hui, les fibres optiques relient les habitations, les banques et les institutions à internet ; le réseau WIFI couvre toute la ville ; les administrations et d’autres bâtiments sont chauffées par le chauffage urbain ; les feux de signalisations sont pilotés à partir d’un poste de commande centralisé ; les caméras de police veillent à la sécurité ; les parcmètres, les stations de vélo et de Bus sont connectées. Tout cela n’est possible que par la multitude de conduites et de câbles enterrés qui courent dans les trottoirs.

À cela s’ajoute la pose de nouveaux réseaux souhaités par la Ville de Luxembourg et les concessionnaires en prévision des besoins futurs.

Certaines rues du centre-ville sont assez étroites et le déplacement de grands nombres de réseaux peut vite devenir compliqué faute de place suffisante et engendrer des situations particulières qui nécessitent des études complexes. La rue Probst en est un bon exemple. Étant donné que le tram occupe l’entièreté de la route, la quantité de réseaux à déplacer et poser était incompatible avec la largeur des trottoirs. Nous avons donc dû innover et faire passer deux conduites de chauffage en pose aérienne, accrochées à un mur de soutènement. Le tout a été habillé en Acier Corten pour l’aspect esthétique.

Un autre exemple se situe au niveau du Théâtre Municipal où, pour des besoins techniques d’accessibilités sur des conduites d’adduction d’eau et de chauffage, une galerie de grande dimension a dû être construite sous le corridor du tramway.

Les contraintes de place sont une chose, mais plus complexes encore sont les contraintes d’exploitation des différents réseaux pendant les travaux. En effet, il est impensable de couper l’électricité, l’eau ou le téléphone pendant des semaines voire des mois le temps des travaux. Par conséquent, une partie des études a consisté à élaborer avec les concessionnaires des plans de phasages et les travaux préparatoires. Par exemple des chaufferies provisoires ont été mises en place avant la coupure du réseau de chauffage urbain ou encore la mise en place de réseaux provisoires d’eau et de gaz en amont du chantier principal.

Le tramway fonctionne sur le courant continu et non alternatif comme le reste des alimentations. Pour garantir son alimentation en énergie, nous avons construit le long du tracé 4 locaux enterrés de 260 m2 chacun qui abritent principalement les transformateurs électriques et les systèmes de contrôle et de commande du tramway.

Depuis 1994, les fortifications de la ville de Luxembourg et ses vieux quartiers font partie du patrimoine culturel mondial de l’UNESCO, et à ce titre, l’avenue de la Liberté est un des secteurs protégés. C’est pourquoi nous avons mené l’étude de l’aménagement urbain envisagé dans cette avenue en collaboration avec l’UNESCO qui s’est efforcée de conserver le caractère historique et exceptionnel de cet axe routier. Notre collaboration a permis d’innover en matière d’aménagement des infrastructures et de réduire très fortement le nombre d’armoires techniques qui longent l’avenue. Une partie des armoires a été déplacée dans les rues adjacentes, une partie supprimée et une partie enterrée.

Une des particularités des anciennes habitations de la ville de Luxembourg est la présence de « cours anglaises » au pied des façades. À l’origine, leur fonction était de permettre un accès au sous-sol à partir de la chaussée pour y descendre du charbon ou des vivres, mais également de créer un espace de ventilation et de lumière. Aujourd’hui elles ne sont plus très utilisées, et même si une partie a été transformée en monte-charge, la plupart ne sont que peu entretenues. Le long du tracé du tramway, il subsiste plus de 400 de ces éléments encore en service. Lors des travaux de pose de réseaux, nous sommes donc régulièrement confrontés à la présence de ces constructions historiques qui sont parfois dans un mauvais état, et nous profitons de cette occasion pour les réhabiliter.

Cette mission, nous a permis non seulement d’apporter toutes notre expertise mais aussi d’innover et de développer de nouvelles technologies comme par exemple le suivi de chantier par drone.

Tous les collaborateurs de Luxplan travaillent avec enthousiasme sur ce projet maillon essentielle dans le concept de mobilité du Grand-Duché de Luxembourg et qui  marquera pendant les décennies à venir encore  l’image de la ville de Luxembourg par la transformation de l’espace public sur les artères principales de la Ville.

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