A partir du 1er octobre, l’entreprise luxembourgeoise Luxplan, membre de L.S.C. Engineering Group et labélisée RSE, a changé de direction. Après 25 années passées à sa tête, Marcel Hetto cède son poste à Myriam Hengesch. Gardant un pied dans la société pour poursuivre son développement stratégique, l’ancien directeur confie à sa successeuse la poursuite de la croissance de l’entreprise, la gestion d’une large équipe multidisciplinaire et le développement général de Luxplan vers des outils innovants. Dans une interview croisée, ils nous parlent de leur vision d’une entreprise cherchant à avoir un impact positif sur la société, l’environnement et la qualité de vie des citoyens.

© Eric Devillet

Présentez-nous votre entreprise en quelques mots…

MyH: Trouvant son origine dans la création de l’entreprise Seterec en 1970, puis Simon & Christiansen en 1977, le groupe L.S.C. Engineering est fondé en 2013 et réunit toutes les sociétés créées depuis, dont l’entreprise Luxplan qui voit le jour en 1981. Au total, le groupe comprend dix entreprises réparties entre le Luxembourg, la France, l’Allemagne et le Sénégal et rassemble 315 collaborateurs dont 100 travaillent pour Luxplan. En faisant appel à notre groupe d’ingénieurs-conseils, la clientèle accède à l’ensemble des services nécessaires à l’élaboration d’un projet de construction ou d’aménagement du territoire, en dehors de l’architecture.

MaH: De 1985 à 1996 j’ai assuré moi-même des missions emblématiques comme l’extension de l’aéroport, le contournement de Luxembourg, la collectrice du Sud ou encore l’autoroute reliant l’Allemagne.  En 1996, j’ai été intégré dans l’actionnariat du groupe. La même année, j’ai pris la direction générale de Luxplan. A cette époque, nos équipes étaient principalement chargées de la supervision et du management des chantiers de création du réseau autoroutier luxembourgeois. En 2007, Andreas Wener a également rejoint la direction de Luxplan et a contribué, entre autres, au développement du département Environnement. Aujourd’hui, les activités de Luxplan ont évolué vers la gestion des travaux en génie urbain et place la durabilité des chantiers au cœur de ses conceptions.

 

Quels sont les services que vous proposez à vos clients?

MyH: Les clients privés ou publics nous soumettent un terrain et nous nous occupons du reste ! Nous constituons d’abord une équipe multidisciplinaire mobilisant toutes les compétences de l’entreprise et instaurons une communication forte liant chaque aspect du chantier. Le fil rouge de nos activités est ensuite la durabilité ; nous construisons en effet des projets respectueux de leur environnement et au sein desquels les utilisateurs peuvent s’épanouir.

Nous couvrons un large panel d’activité dans les domaines de l’urbanisme, la topographie, la géologie, l’hydrologie, des études forestières et environnementales, des études d’infrastructures, de trafic et de mobilité. Nous assurons également des missions de Project Management et de direction des travaux, ainsi que de coordination sécurité et santé sur chantier. Nous avons par ailleurs développé des compétences spécialisées dans la construction durable et les techniques spéciales du bâtiment.

Dès leur arrivée dans l’entreprise, nos collaborateurs ont l’opportunité de passer d’un service à l’autre afin d’avoir une vue globale du travail que représente un projet et de comprendre les problématiques qui sont rencontrées par chacune des disciplines que nous gérons. Nous les formons ensuite aux soft-skills nécessaires à une bonne collaboration et veillons à actualiser leurs compétences. En effet, la technologie inhérente à nos métiers évolue chaque jour ; en fonction des situations rencontrées sur le terrain, nous les encourageons à nous faire part de leurs besoins en formations pour rester à la pointe de l’innovation.

MaH: En tant qu’ingénieurs, nous devons apporter un regard neuf sur les problématiques rencontrées sur le terrain. Notre rôle ne se limite pas à la réalisation d’un projet, mais doit avoir un impact sur la société, l’environnement et la qualité de vie des citoyens. Nous devons pour cela convaincre les politiques du bien-fondé des évolutions que nous apportons.

Au fil des années, nous avons étoffé nos compétences et notre offre de service dans le domaine environnemental. D’un petit département environnement créé il y a 25 ans, cette thématique représente aujourd’hui 30% de nos activités. Nous réalisons dans ce cadre des études environnementales et d’impact, planifions les renaturations, menons des études forestières, nous veillons à l’obtention de certifications énergétiques, effectuons des relevés de sol, des études sur l’eau potable, développons des concepts de compensations, les perspectives sont larges!

MyH: Nous ne nous limitons pas aux standards de la construction et poussons nos clients à s’orienter vers des solutions innovantes et écologiques. Dans une idée d’amélioration continue, nous développons de nouvelles techniques en fonction des problématiques que nous rencontrons sur le terrain. De plus, notre équipe internationale apporte une véritable plus-value aux projets grâce à sa large vision des évolutions techniques en développement à travers le monde. De manière générale, nous encourageons nos collaborateurs à partager leurs idées afin que nous puissions les développer en adéquation avec la demande du marché.

 

Vous avez également développé des produits et techniques innovants…

MaH: Nous nous chargeons effectivement de tâches plus spécifiques comme le SIG (Système d’Information Géographique). Petit à petit, nous avons digitalisé nos processus pour garantir un meilleur archivage et surtout un accès facilité aux données géographiques et techniques. Aujourd’hui, notre équipe SIG d’une quinzaine de personnes réalise l’inventaire et facilite la gestion de ces données en les rendant visualisables via l’interface Web SIGcom. Cet outil et les informations qu’il rassemble est amené à évoluer en fonction des besoins de nos clients.

Se présentant sous la forme d’un plan à plusieurs couches d’information, il permet de visualiser clairement les données sur les réseaux et les projets au sein d’un territoire et de les gérer de manière intuitive à partir d’une seule plateforme. Nos clients sont surtout les communes, dont plus de la moitié recourent déjà à ce service pour lequel nous collaborons avec le SIGI, le Verkéiersverbond et l’administration du cadastre.

MyH: Nous venons par ailleurs de développer un produit complémentaire, «Instant as built 3D», qui permet de réaliser une modélisation en 3D d’un projet à partir de photographies par téléphone et drone et de l’intégrer dans notre système SIG. Lorsque nous réalisons des travaux, nous disposons ainsi d’une modélisation en temps réel de ceux-ci. Nous avons par exemple testé ce produit sur le chantier du tram à Luxembourg ; aujourd’hui grâce à cette modélisation 3D nous savons ce qui se trouve sous son passage et pouvons plus facilement coordonner l’existant et le neuf.

MaH: Enfin, nous sommes en train de développer des concepts pour le filtrage des eaux superficielles polluées. Dans ce cadre, nous avons réalisé un projet de bassin de rétention d’eau avec épuration des eaux superficielles à l’aide de plantes à Grass. Les résultats de nos analyses montrent une amélioration significative des eaux superficielles avant qu’elles ne rejoignent les ruisseaux. Nous avons dès lors pour projet de remplacer les bassins de rétention du réseau autoroutier par ce nouveau concept.

 

Luxplan connaitra prochainement un changement de direction: Marcel Hetto vous céderez prochainement votre place à Myriam Hengesch. Quelles sont les raisons qui ont motivé ce choix?

MaH: En ce 1er octobre 2020, je m’apprête à me retirer de la direction de Luxplan, en passant la main à Myriam Hengesch, Directeur Général, qui assurera la gestion journalière. L’équipe de direction est complétée par Jochen Holletschek, Directeur Technique et Andreas Wener, Directeur Administratif et Financier. Je continuerai à participer au développement stratégique de la société.

MyH: Cette nouvelle direction n’impliquera pas de changement de philosophie brutal mais se fera dans la continuité de la stratégie mise en place jusqu’ici. Avec une formation de géographe et d’urbaniste et une expérience de dix ans dans ce domaine à l’étranger, j’ai rejoint Luxplan il y a six ans en reprenant la direction du département urbanisme et aménagement du territoire. Dès le début, Marcel et moi avons eu une bonne entente et avons la même vision pour l’entreprise. Ainsi, nous partageons la volonté de valoriser les collaborateurs et leurs idées et de les aider à développer leur carrière et leurs compétences.

J’ai assisté Marcel dans le développement de Luxplan au cours de ces dernières années et depuis un an je me prépare à la reprise de la direction. Mon métier consiste à trouver des compromis et à favoriser les interconnexions entre les différentes disciplines et compétences que nous rassemblons. La gestion de l’entreprise s’est toujours faite en consultation avec les collaborateurs et je vais poursuivre sur ce modèle qui a déjà fait ses preuves.

 

Comment envisagez-vous l’évolution de l’entreprise à moyens termes?

MyH: Nous nous attendons à une poursuite de notre croissance au cours des prochaines années. La crise a eu des conséquences sur le secteur de la construction en général, mais nous avons relativement été épargnés jusqu’ici. Bien sûr, comme pour tous, nos projets en cours connaissent un retard dû à l’arrêt des chantiers. Les budgets de nos clients pour les projets futurs sont encore incertains, c’est pourquoi notre politique est prudente quant à l’avenir mais nous restons confiants.

Des évolutions nous attendent et certains axes en particulier mobiliseront nos forces prochainement. Nous nous dirigeons par exemple vers une généralisation de la modélisation BIM dans le domaine du génie urbain, qui est aujourd’hui principalement utilisée dans la construction de bâtiment. Notre objectif est que chaque client puisse rapidement avoir une représentation visuelle en 3D de ses projets et que nous puissions collaborer plus efficacement avec tous les acteurs concernés par un même chantier.

 

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